Boucle à bouche

Un soleil nouveau croît à Luang Prabang.

L’aube rayonne sur l’or des temples et les toges oranges des moines. Un air de diamant flotte sur la ville en éveil. Le chant du coq soulève l’esprit des âmes assoupies, une goutte d’eau retombe dans la nuit. Le feu veille mes amis.

Je me suis promené dans les rues, j’ai écouté l’inconnu. Voyageur immobile, en tailleur dans un cercle d’argent, j’ai tournoyé dans la mélodie des calmes. Une femme sans âge m’a trouvé, m’a parlé. Elle portait l’univers dans son ventre. Elle a soufflé, courant d’air sans visage et a tourné la page d’un grand livre. Elle m’a soigné car elle est, à foison, créatrice de mirages en vibrations. Elle a accouché d’une note optimale en un cri fondamental.

Depuis, j’empile les pièces d’or par la force de mon vent, je danse sans bouger toute la puissance de la mer, j’observe sans toucher la symphonie du monde résonner. J’ai oublié, j’ai tout compris, du néant, a jailli une source tarie. Au fond de la corne d’abondance, il y a la douceur de mon enfance et la puissance de la démence. Derrière les apparences, le tonnerre des steppes et les totems d’animaux et d’aimants. Électriques, en fragments, alignés par la grâce des amants.

 

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s